Le Dimanche 4 Décembre 2005 14:31, gerardvallerey a écrit :

> ----- Original Message -----

> From: L sophie

> To: antidelation@sousabri.org

> Sent: Saturday, December 03, 2005 4:59 PM

> Subject: [Antidelation] Enfin ça bouge!!!

 

Nous, le peuple Nord-Sud

 

Le 15 décembre prochain, dans un quartier populaire de Fontenay-sous-Bois, un

groupe d¹habitants de cette ville, va créer le premier comité d¹une

association « Familles Nord Sud ». Il s¹agit de construire un « nous »

citoyen qui rende manifeste et politiquement efficace la mondialisation des

relations humaines. Les événements de novembre dans les banlieues françaises

et la réactivation du vieux moteur colonial en font une urgence de premier

rang.

 

Je vous soumets le texte fondateur de cette association nouvelle, qui aura

une vocation nationale et qui devrait beaucoup intervenir dans le champ

culturel. S¹il vous convient, signez-le. Je crois qu¹il soulève un espoir.

 

Jean-Louis Sagot-Duvauroux

01/12/2005

L¹appel de Fontenay-sous-Bois

Nous, Français ou étrangers vivant en France, sommes des millions à avoir

tissé nos familles et nos amitiés de part et d¹autre de la frontière qui

sépare le Nord et le Sud de la planète.

 

Nous vivons dans notre chair, dans nos sentiments, dans nos attachements

intimes la part la plus prometteuse de la mondialisation.

 

Nous témoignons dans notre vie concrète que des malédictions séculaires comme

le racisme, la domination impériale, l¹intolérance religieuse, le

nationalisme, les déséquilibres économiques peuvent laisser place à la

construction d¹un monde commun.

 

Nous revendiquons comme une richesse et un espoir pour tous cette

mondialisation des liens affectifs.

 

En même temps, nous vivons douloureusement le mur de plus en plus cruel qui

sépare les humains selon qu¹ils sont nés au Nord ou au Sud de la planète.

 

Ce mur symbolique et matériel est la trace du conflit de cinq siècles qui a

établi la domination du monde occidental sur la Terre entière et concentré

l¹essentiel des richesses à un seul pôle de la planète. Il entretient la

méfiance et les préjugés. Il est le rempart d¹injustices vertigineuses. Il

porte en lui la menace de conflits sans fin.

 

Dans nos vies, il se traduit par des blessures quotidiennes et parfois des

tragédies.

 

Pour nous, les sans-papiers qui risquent leur vie aux frontières du monde

riche, puis y travaillent sans droits ni moyens de se défendre, ce n¹est pas

un « problème », ce sont des proches qui veulent trouver les moyens normaux

d¹existence.

 

Pour nous, les enfants qui périssent dans l¹incendie d¹immeubles indignes où

la discrimination les condamne à vivre, ce ne sont pas des victimes

anonymes, c¹est notre descendance, notre raison de vivre.

 

Pour nous, la malnutrition, l¹impossibilité d¹envoyer son enfant à l¹école,

la loterie macabre des accouchements qui se terminent mal, les maladies

curables dont on meurt faute de soin ne sont pas des statistiques

lointaines. C¹est la souffrance des nôtres.

 

Le rempart administratif qui confine les habitants du Sud, nous ne le vivons

pas comme une protection, mais comme une menace. Il humilie des parents, des

frères, des soeurs, des enfants, des amis auxquels nous sommes attachés. Il

nous empêche de nous retrouver librement. Il interdit la découverte mutuelle

des mondes où nous vivons.

 

Nous savons d¹expérience que cette situation porte en elle des frustrations

explosives qui pèsent sur l¹avenir de la famille humaine. Nous pensons qu¹il

faut construire dès maintenant une alternative à cette politique suicidaire.

Nous croyons pouvoir être utiles à cette construction.

 

C¹est pourquoi nous appelons tous ceux qui ont des proches des deux côtés du

mur et plus largement tous ceux qui envisagent avec sympathie cette

internationalisation de l¹amour à constituer une force d¹action et de

réflexion capable de défendre et de mettre en ¦uvre la mondialisation des

relations humaines : l¹association Familles Nord-Sud

 

Familles Nord Sud - Maison du citoyen, 16, rue du Révérend-Père-Aubry - 94

120 Fontenay-sous-Bois - info@famillesnordsud.com

 

Réunion de création de l¹association : Jeudi 15 décembre à 19 h ­

Espace intergénérationnel ­ 15 bis, rue Jean-Macé, 94 120

Fontenay-sous-Bois. Tél : 01 53 99 13 33

 

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MERCREDI 16 NOVEMBRE, 18H PLACE de La REPUBLIQUE, LILLE

RASSEMBLEMENT :

Pour que la révolte légitime des jeunes devienne citoyenne :

NON AU COUVRE FEU, NON A L’ETAT D’URGENCE,

SARKOZY DEMISSION, AMNISTIE POUR LES EMEUTIERS !

 

LA COLERE DU RAS LE BOL : UN BESOIN DE JUSTICE ET D’EGALITE!

 

Les quartiers populaires des villes de l’hexagone brûlent ! Brutalité

policière, indifférence devant la mort de deux adolescents qui « fuyaient la

police », gazage d’une mosquée, insulte de « racailles à nettoyer au karcher

»de SARKOZY, ci-devant Ministre de l’Intérieur en sont les causes

immédiates. Le ras le bol prend la forme d’émeutes qui détruisent voitures,

bus, entrepôts, commerces, écoles, etc.

Les jeunes s’appellent Nicolas, Karim, Warren, Christophe, Mamadou,

Jennifer, Astou, Virginie, Malika, etc, ils ont en moyenne entre 12 et 25

ans, sont connus des tribunaux, d’autres pas, sont diplômés, sans diplômes,

tous sont quasi-sans emploi et vivent la galère d’une jeunesse rejetée,

niée, ignorée et stigmatisée par les gouvernements successifs. Jeunes qui, à

l’instar de Manoka et Riad, ont parfois été victimes de « bavures policières

» sanctionnées par des peines avec sursis.

La jeunesse en colère est la même qui est descendue par milliers, par

millions dès le 21 avril 2002 pour « barrer la route à Le Pen » au second

tour de la présidentielle, qui a fait grève contre la loi FILLON, qui a

majoritairement voté NON au référendum du 29 mai. Les jeunes de ce pays sont

autant victimes que les adultes des politiques libérales et pro-patronales

mises en œuvre par les gouvernements successifs. Toutes les luttes

citoyennes de la jeunesse ont butté sur la cécité politique et l’aveuglement

libéral du gouvernement qui utilise le sécuritaire comme stratégie politique

de préservation de son pouvoir. SARKOZY n’affirme t-il pas sans ambages que

« la stratégie que ce gouvernement met en œuvre maintenant depuis quatre ans

est la bonne » (Le Monde 6/7/11/05). SARKOZY qui se targue d’avoir « diminué

de façon sensible l’insécurité » a, par sa provocation, multiplié de façon

exponentielle les destructions en quelques jours. Les jeunes de toutes

origines, de toutes couleurs, de toutes religions ou pas y répondent en

disant : « Sarko nous nargue, nous insulte, on va le lui faire payer, il

doit partir ».

Les pyromanes CHIRAC/DE VILLEPIN/SARKOZY n’ont d’autres solutions que la

répression policière, une justice expéditive et un appel aux intégristes

religieux qui édictent des « fatwas » et autres commandements religieux en

ce 100éme anniversaire de la loi de séparation de l’Etat et des religions.

Le Pen et De Villiers en profitent pour faire de la surenchère appelant à

l’envoi de la « troupe » dans les quartiers populaires. Au lieu de la

restauration dans les quartiers populaires des services publics, les

incendiaires du gouvernement annoncent la fin de l’école obligatoire jusqu’à

16 ans, le retour du travail des enfants à 14 ans comme au 19éme siècle sous

couvert « d’apprentissage ».

Ces faits démontrent que ce gouvernement joue à l’apprenti sorcier dans le

but conscient de poursuivre ses objectifs de casse du service public. Ils

sont prêts à tout pour garder le pouvoir y compris jouer avec les démons du

populisme fascisant. Un gouvernement à l’image de SARKOZY qui ne fait aucun

cas des 30, 40, 50 voire 60 % de chômage, de la casse du service public, du

délabrement des logements dans les quartiers populaires, des discriminations

anti-jeunes et anti-immigrés, etc. Gouvernement et SARKOZY qui s’en foutent

des conséquences socialement catastrophiques la paix civile. Un gouvernement

méprisant à l’image de SARKOZY qui se moque de la volonté populaire exprimée

le 29 mai, des revendications ouvrières et populaires des luttes sociales et

qui exploitent cyniquement « les formes incompréhensibles et aveugles de la

révolte des jeunes » pour mettre en branle sa politique de « la terre brûlée

». C’est le même mépris qui a conduit les marins de la SNCM à s’emparer d’un

bateau avant que les commandos du GIGN n’en reprennent possession par la

force, qui amène à attenter au droit de grève des travailleurs de la RTM à

Marseille, qui a poussé plus d’une fois des Sans Papiers à mettre en danger

leur vie par de longues grèves de la faim pour obtenir le droit à

l’existence légale, qui fait mettre le feu aux paysans révoltés.

Imposer l’état d’urgence à nos quartiers, à notre jeunesse, à nos enfants,

frères et sœurs de toutes origines, de toutes cultures, de toutes religions

et de toutes nationalités participent de ce terrible mépris et de cette

dangereuse fuite en avant d’un gouvernement incapable d’assumer de façon

républicaine l’escalade du piège « sécuritaire » qu’il n’a cessé d’agiter

pour capter les voix minoritaires du Front national et des intégristes

religieux. L’inacceptable est même dans la symbolique : utiliser une loi de

1955 lors de la guerre d’Algérie pour instituer un couvre feu « cas par cas

» et qui a servi au massacre sous les ordres du Préfet Papon,

ex-collaborateur Pétainiste de l’occupant Nazi, de centaines de manifestants

algériens le 17 octobre 1961. DE VILLEPIN parle de « fermeté et justice »,

nous répondons « justice et égalité ».

Fait à Lille le 06/11/05

Premiers signataires : Collectif Afrique (CA) - Mouvement Autonome de

l’Immigration (MAI) – Indigènes de la République59/62 – CSP59 - Union des

Travailleurs Sénégalais en France/AR – Coordination Régionale de

l’Immigration (CRI) - Fédération des Associations Africaines de France

(FAAF) – Comité de Solidarité Basque - MRAP de Lille - Ras Le Front – Ligue

Communiste Révolutionnaire (LCR) – Coordination Communiste59/62 – Cercle

Henri Barbusse -

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----- Original Message -----

From: "gilbertjac"

To: "AC!Forum" ; "CIP idf liste"

Sent: Tuesday, October 18, 2005 7:47 PM

Subject: [Cip-idf] témoignage édifiant

 

> notre tour est venu !">Notre tour viendra, > notre tour est venu !

>

> Né à Montreuil le 4 février 1937 et demeurant depuis trois ans à Bagnolet

> dans le 93, je me dois de porter à l’attention de mes concitoyens les

> faits suivants, dont j’ai été témoin et victime :

>

> Le Mardi 11 octobre, j’ai été mis au courant par des voisins de l’expulsion

> des familles ivoiriennes habitant 2, passage du Gazomètre à Montreuil. Ma

> femme et moi, nous sommes rendus immédiatement sur les lieux pour leur

> porter assistance. Il a été décidé avec les familles et les personnes

> solidaires d’aller occuper la Maison de quartier Lounes Matoub, 4-6, place

> de la République à Montreuil, pour abriter les familles et les enfants

> ainsi que leurs affaires et ainsi interpeller la Mairie de Montreuil sur

> la nécessité de leur relogement. Un grand mouvement de solidarité s’est

> déployé de la part des habitants de la commune et des environs.

> Dans l’après-midi, un membre du cabinet du Maire est venu à la rencontre

> des familles, leur proposant 3 jours d’hébergement en hôtels sur le

> département ou dans d’autres banlieues lointaines. Alors que leurs enfants

> sont scolarisés sur Montreuil. Les familles ont refusé la proposition

> estimant que leur situation resterait précaire. Le représentant de la

> mairie les a très clairement menacés d’une intervention policière afin de

> nous évacuer. Dans cette éventualité, les familles et les soutiens ont

> décidé de se barricader dans la salle d’activité de la Maison de quartier.

> L’intervention commença vers 20 heures quand, à coup de bélier, les CRS

> défoncèrent la porte. Alors que nous nous tenions un peu en retrait en

> scandant des slogans contre les expulsions, ils nous encerclèrent et,

> après avoir renversé, jeté en l’air les sacs des familles, les tables du

> Centre et la nourriture qui s’y trouvait, ils ont commencé à nous

> repousser vers la sortie. Inquiets pour les femmes et les enfants qui s’étaient

> réfugiés dans la cuisine, porte fermée, nous avons résisté sans violence

> en nous mettant en chaîne afin d’être témoin de leur sort, vu la violence

> de l’intervention.

> En vain.

> J’ai été projeté à terre et piétiné. J’ai eu beaucoup de mal à me relever.

> Pour activer le mouvement, un CRS a levé sa matraque, mais un gradé lui a

> fait signe de ne pas frapper. Il m’a dit : “ Ça va, Monsieur ? ” puis il m’a

> pris par le bras et m’a dirigé vers la porte tandis que mes compagnons

> étaient évacués très brutalement vers la cour, les uns après les autres ou

> par petits groupes.

> Je me trouvais isolé et un des derniers.

> J’ai été poussé dans la cour entre deux rangs de CRS. À mi-distance de la

> grille, j’ai essayé de parler au commissaire que j’avais vu le matin

> procéder à l’évacuation du passage du Gazomètre pour lui rappeler la

> présence d’enfants dans le local.

> Il m’a dit : “ C’est ça, c’est ça… Dégage ! ”

> J’ai aussitôt tourné les talons, c’est alors que j’ai reçu un coup de

> poing sur le nez et un violent coup de matraque sur le côté gauche de la

> tête. Je suis tombé à la renverse sur des grilles renversées. On m’a

> relevé, la tête en sang et j’ai dû perdre momentanément conscience.

> J’ai été soutenu par deux personnes qui m’ont emmené m’asseoir au café le

> plus proche où l’on a épongé le sang qui m’aveuglait et appelé les

> pompiers qui m'ont emmené à l'Hôpital de Montreuil avec ma femme.

>

> Premier bilan : une côte cassée, la paupière gauche recousue, fractures du

> nez et multiples.

>

> Tout ça ne serait pas grave.

> Et pourtant !

> Si je porte plainte, les instances du Ministère de l’Intérieur se

> retourneront contre moi. On pourra prouver que moi, homme à cheveux blancs

> âgé de 68 ans et invalide à 80 %, j’ai sauvagement agressé d’honnêtes

> gardiens de la paix dans l’exercice de leur devoir. Un travail comme un

> autre. Au point que certains d’entre eux bénéficieront probablement d’arrêts

> de travail pour l’occasion.

> Pour ma défense, en garantie de moralité, je ne pourrais que faire état de

> ma douteuse qualité de cinéaste et écrivain, mentionnant, entre autres

> travaux, ma modeste contribution à Dupont-Lajoie l’un des films qui attira

> l’attention de mes concitoyens sur la recrudescence du racisme dans la

> doulce France. De toute façon, cela ne pourrait avoir qu’un faible impact

> : les machines à décerveler étant aux mains du Pouvoir, celui-ci sera vite

> digéré.

> Aussi prenez garde.

>

> En 1942, après avoir traqué les Juifs, la police française s’en était pris

> aux autres. En 2005, après les personnes à la peau bronzée, viendra notre

> tour. Faut-il absolument que la farce sinistre se répète ?

> Mais c’est déjà commencé, je crois vous l’avoir montré.

>

> Rappelons-nous toujours les mots du pasteur allemand Niemöller :

>

> “ Quand on est venu arrêter les catholiques, je n'ai rien dit, parce que

> je n'étais pas catholique. Quand on est venu arrêter les juifs, je n'ai

> rien dit parce que je n'étais pas juif. Quand on est venu arrêter les

> communistes, je n'ai rien dit parce que je n'étais pas communiste. Quand

> on est venu arrêter les socialistes, je n'ai rien dit parce que je n'étais

> pas socialiste. Quand on est venu me chercher, il n'y avait plus personne

> pour me défendre. ”

>

> Pour notre ministre de l’Intérieur, fils d’émigré de fraîche date, il n’est

> pas bon être étranger. Chaque semaine, de nouveaux charters s’envolent à

> tire-d’aile pour évacuer Africains, Maghrébins, Skri-lankais et autres

> sujets à peau bronzée. Pour l’adepte du Karcher, qu’importe si ceux qui

> restent vivent avec leurs enfants dans la terreur, dans l’angoisse d’une

> rafle et à la merci d’employeurs indélicats. Nous attendons l’aurore d’une

> nouvelle Résistance. Quelques Français se sont déjà levés. Ils savent que

> s’ils ne font pas, ce pourrait être bientôt leur tour.

> Ça l’est déjà.

>

> Jean-Pierre Bastid

>

>

> ------------------------------------------

> cip-idf est la liste de débat de la Coordination des Intermittents et

> Précaires d'ile de france.

> http://www.cip-idf.org

> ------------------------------------------

> Inscription/désinscription/archives

> http://listes.rezo.net/mailman/listinfo/cip-idf

>

> Pour tout problème technique :

> cip-idf-owner@rezo.net

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>LE PRIX DE L'HONNETE POUR UN JOURNALISTE EN TEMPS DE GUERRE

[ Molly Bingham - Louisville Courrier - Avril 2005 ]

Traduction : Grégoire pour libertes-internets.net

 

[Discours de Molly Bingham, journaliste, lors d'une réunion à l'université

du Kentucky. Bingham a été arrêtée en avril 2003 par des forces de sécurité

américano-irakiennes et emprisonnée 10 jours à la prison d'Abou Ghraib.

Après son expulsion elle est revenue en Irak pour terminer ses reportages

pour le New York Times et le Guardian de Londres ]

 

Nous avons passé 10 mois en Irak, sur un reportage qui voulait tenter de

comprendre qui sont les gens qui y combattent, pourquoi ils combattent,

quelles sont leurs motivations, quand ont-ils ont rejoint la résistance, de

quels milieux viennent-ils, quels sont leur métiers etc. Est-ce ce que ce

sont d'anciens militaires, sont-ils irakiens ou étrangers ? Font-ils partie

d'Al-Qaida ? Le reportage a été publié par Vanity Fair en juillet 2004

tandis que mon collègue Steve Connors en a tiré un film documentaire qui

attend toujours pour trouver un diffuseur. Mais à la base notre motivation

première était de penser qu'il était vraiment journalistiquement important

de comprendre qui sont ces gens qui résistent à la présence de troupes

étrangères en Irak. . Le simple fait de travailler sur ce reportage m'a fait

réaliser beaucoup de choses sur mon travail et sur mon propre pays. Je

voudrais partager certains d'entre elles avec vous :

 

Première leçon : La majorité des journalistes étrangers en Irak sont

incapables de laisser leur nationalité et leurs préjugés au vestiaire. Une

des choses les plus dures à faire pour moi lors de ce reportage a été de

mettre de coté mon "Ego Américain" et d'écouter. Démarrer un reportage avec

une montagne d'idées toutes prêtes n'est pas une bonne entrée en la matière

et il a constamment fallu que je me morde ma langue, que je fige le sourire

affecté sur mon visage et me force à continuer à écouter silencieusement une

diatribe raciale ou religieuse qui me paraissait effroyable.

 

Deuxième leçon : Notre métier de journalistes nous a très mal préparés à

ceci. Comme lors de la campagne d'opinion préalable à la guerre en Irak, le

simple fait de s'interroger sur les décisions de notre gouvernement et sur

les motivations réelles de son action est considéré comme anti-patriotique.

L'autre chose que j'ai trouvée difficile à vivre était le fait que, alors

que je pensais faire véritablement mon travail de journaliste, de nombreux

autres journalistes (ainsi que d'autres personnes) mettaient en doute mon

patriotisme voire s'offusquaient que je puisse ne serai-ce qu'envisager le

fait qu'il puisse être intéressant ou important de tenter d'entendre ce que

"l'autre coté" avait à dire.

 

Troisième leçon : Le simple fait de vouloir tenter d'éclairer un public

américain sur les raisons de l'opposition irakienne est pratiquement

considéré un acte de trahison. De la même manière, toutes les personnes

impliquées dans la résistance a qui nous avons parlé nous tenaient

individuellement responsables de leur sécurité. Si quelque chose leur

arrivait après notre visite -- même s'il s'agissait de personnes recherchées

de longue date par les militaires US -- la faute nous retomberait dessus. Et

on nous tuerait. Nous avons vite compris que toutes les bases US sont

étroitement surveillées par la résistance et qu'il ne fallait pas songer à

tenter d'y aller pour recueillir le point de vue des soldats US sur leurs

attaquants. Nous nous sommes dit qu'il y avait suffisamment de journalistes

travaillant avec les soldats américains pour garantir que leur point de vue

soit entendu. Mais en fait, c'était surtout que si les irakiens nous

voyaient entrer et sortir des bases US, ils auraient vite fait de nous

cataloguer comme espions et notre mort aurait été certaine.

 

N'oubliez pas que la Loi n'a aucune existence en Irak. Quand nous y étions,

les militaires américains étaient la loi, et leur loi changeait tout le

temps, ils improvisaient au fur et à mesure. Je suis certaine que s'ils

avaient voulu nous faire "disparaître", nous donner une bonne leçon à coups

de bottes dans un terrain vague ou même nous envoyer passer des vacances

tous frais payés à Guantanamo sous prétexte que nous étions de mèche avec

Al-Qaida, ils auraient facilement pu le faire, sans que cela fasse la

moindre vague.

 

Si on regarde la presse de ces dernières semaines, il semblerait que les

militaires des USA aient décidé d'emprisonner et/ou d'assassiner tout

journaliste qui oserait tenter de couvrir le côté irakien de la résistance,

et en effet un certain nombre de journalistes ont été tués par des troupes

des USA alors qu'ils travaillaient en Irak. Pour l'instant ce sont avant

tout les journalistes Arabes ou ayant un faciès d'arabe (ou parlant la

langue arable et pouvant donc communiquer directement avec la population)

qui sont visés (...).

 

Le journaliste du New York Times, Dexter Filkins rapporte une conversation

qu'il a eue en Irak avec un commandant militaire américain juste avant notre

départ. Dexter et le commandant étaient devenus copains, se voyaient

régulièrement pour boire une bière et papoter. Vers la fin d'une de leurs

conversations, Dexter a refusé une invitation pour le lendemain en

expliquant qu'il était déjà pris car il devait rencontrer "un mec de la

résistance." Le visage du commandant s'est durci et il a dit, "nous avons

des consignes très claires pour les gens comme vous." Dexter a compris le

message et il a décommandé son rendez-vous avec la résistance irakienne.

 

J'ai également remarqué que de nombreux journalistes américains traitent de

"terroristes" les irakiens qui attaquent les troupes US ou leurs auxiliaires

irakiens. Il est indéniable que certains groupes utilisent des méthodes

terroristes, mais le fait d'utiliser la généralisation "terroristes" pour

toute action de résistance rend stérile toute tentative d'honnête

intellectuelle, toute volonté d'aller voir au-delà de ce mot à tiroirs,

toute tentative de vouloir comprendre pourquoi des êtres humains peuvent

être disposés à mourir dans une lutte violente afin d'atteindre leur but.

 

Les rejeter ou les dénigrer comme étant des "fous", des "sauvages" ou des

"musulmans extrémistes" non seulement ne fait pas avancer notre

compréhension de la situation, mais en plus dessert une éventuelle cause des

Etats Unis. Si nous les citoyens Américains ne sommes pas capables d'essayer

de comprendre qui nous attaque et pourquoi, nous continuerons à avancer dans

la même ornière, et continuerons à regarder de loin l'incendie qui se

propage.

 

Quatrième leçon : Les chiens de garde -- c'est à dire les rédacteurs en

chef, les éditeurs et les représentants des groupes financiers des médias --

ne veulent surtout pas que leur journal tente d'expliquer pour quelle raison

on pourrait bien s'opposer à la présence des troupes américaines sur son

sol. Comment quelqu'un peut-il refuser la démocratie ? Comment peut on

refuser la main secourable de l'Amérique qui vient renverser leur terrible

dictateur ?

 

Je suis toujours surprise à quel point nous avons oublié notre propre

histoire. Souvenez vous de notre propre révolution. Souvenez vous de nos

Pères Fondateurs. Souvenez vous de ce qu'ils défendaient et ce pourquoi ils

ont combattu. Souvenez vous de la façon dont, avec le temps, nous avons

appris à nous améliorer, à améliorer notre propre constitution et

gouvernement. Mais souvenez vous surtout que, dans notre histoire ce furent

nous mêmes, notre volonté et notre détermination qui nous ont menés là où

nous sommes aujourd'hui.

 

Cinquième leçon : Qu'est ce que l'on ressent quand on a peur de son propre

pays ? Une fois mon reportage terminé et prêt à être publié, je me suis

dépêché de rentrer aux USA, ne serais-ce que parce que, une fois le

reportage publié, il aurait été très difficile voire dangereux pour nous de

continuer à travailler en Irak. Dans l'avion du retour, je me suis surprise

à avoir peur de mon propre pays. C'était un sentiment étonnamment étrange

mais surtout terrible. Vous allez me prendre pour une paranoïaque, mais je

dois vous avouer que les questions sur ce qui pourrait m'arriver à moi une

fois en Amérique -- où je disposais quand même de plus de droits civiques

qu'en Irak -- se croisaient dans mon cerveau. .

 

Je vais poser la question d'une autre manière : combien de journalistes

américains, peut être moins solidement établis dans leur métier que moi, ont

envisagé un jour de faire un reportage avant de se rétracter parce qu'ils

sentaient qu'il touchaient de près quelque chose de gênant, qu'ils

soulevaient des questions vis à vis du gouvernement américain ou de ses

actions ? Combien fois la peur de voir des agents de police débarquer,

fouiller notre maison, nous emmener pour interrogatoire, faire peur à nos

enfants... combien de fois cette peur a t'elle été un facteur dans notre

décision de ne pas poursuivre une histoire ? Combien de fois avons nous

décidé de ne pas écrire un papier parce que nous avons pensé que cela

pourrait nous attirer des ennuis ? Ou, plus probable, combien de fois notre

rédacteur en chef a-t-il mis à la poubelle une histoire, tué une enquête

pour les mêmes raisons ?

 

Dans ce pays nous avons encore la chance de jouir de libertés individuelles

et nous avons encore les moyens, nous les journalistes de défendre les

droits garantis par notre Constitution, de défendre les valeurs pour

lesquelles tant de gens sont morts et qui nous sont si chères -- alors,

pourquoi ne le faisons nous pas ? Est ce que nous avons peur ? Et si nous

cédons à la peur, alors qui restera t'il pour défendre ces droits et ces

valeurs le jour où on viendra nous dire qu'il faut y renoncer pour lutter

contre les méchants ?

 

Il est temps de nous regarder dans le miroir et d'assumer la responsabilité

de l'état dans lequel se trouve notre pays, de ce qu'est devenu notre pays

et de ce qu'il fait. Au lieu de cela nous nous lamentons et prétendons être

des victimes avant même que la répression s'abatte véritablement sur nous.

Ou bien, est ce que je dois devenir "réaliste" et m'habituer à l'idée que

tout ce que l'on m'a appris, tout ce que je tiens pour important, toutes les

valeurs de liberté de nos Pères Fondateurs ne sont que futilités en temps de

guerre ?

 

-------------------

Gregoire Seither [gregoire@pobox.com]

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Lettre ouverte au peuple français.

 

Je suis un citoyen et un salarié francais

 

En tant que tel

 

je paye l'impot sur le revenu

 

je paye la taxe d'habitation

 

je paye la taxe foncière

 

je paye la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA)

 

je paye la taxe sur les produits pétroliers

 

je paye la redevance télévision

 

je paye des contributions sociales

 

je paye des contributions retraites

 

je paye le 1% solidarité (solidarié des fonctionnaires envers les chomeurs

 

du privé, beaucoup l'ont oublié...)

 

je paye des cotisations sociales lorsque j'achète de l'alcool ou des

 

cigarettes

 

je paye mes amendes le cas échéant (c'est très facile d'être un "cas

 

échéant" depuis Sarkozy)

 

Je ne conteste pas le fait de débourser ces sommes.

 

Je suis pour l'impot, je suis pour qu'il soit équitable et pour une

 

contribution de tout citoyen à l'élaboration collective de la communauté

 

humaine.

 

L'impot permet à la collectivité de faire oeuvre de solidarité et de rendre

 

les services que nous sommes en droit d'attendre pour nous et pour nos

 

concitoyens.

 

Or, aujourd'hui, un président dont la place devrait être en prison et non à

 

l'élysée et un gouvernement retors veulent me faire payer un crime que je n'ai

 

pas commis.

 

Ils me demandent, le lundi de pentecote, de faire un Travail d'Interet

 

Général (T.I.G) (pour ceux qui l'ignorent: mesure pénale substitutif d'une

 

peine de prison ) pourtant :

 

je ne suis pas responsable de la mauvaise gestion des fonds publics

 

je ne suis pas responsable des cadeaux fiscaux faits aux plus nantis au

 

détriment des personnes les plus démunies

 

je ne suis pas responsable de l'imprévoyance des pouvoirs politiques et de

 

l'incurie des ministres (ir)responsables

 

je ne suis pas responsable de la dérive mercantile des maisons de retraites

 

je ne suis pas responsable du manque de personnel soignant dans les dites

 

maisons et de leur manque de qualification

 

je ne suis pas responsable du manque d'inspecteurs des DDASS et du manque de

 

controle et d'encadrement des maisons de retraites

 

je ne suis pas responsable de l'extreme dégradation des services d'urgence

 

et plus généralement de la dégradation des conditions de travail et

 

d'accueil de l'hopital public

 

je ne suis pas responsable des milliers d'heures d'aide ménagere qui ont été

 

supprimees faute de crédit

 

je ne suis pas responsable d'une societe qui éloigne les familles car la

 

"mobilité" est devenue une valeur d'insertion professionnelle et sociale

 

Tous ces faits, en tant que citoyen, je les dénonce et je les combats

 

Avec un cynisme écoeurant et un aplomb éffarant, on me demande de faire

 

oeuvre de solidarité ? !!

 

Solidarité ? Alors que dans le meme temps l'impot sur les grandes fortunes a

 

été diminué !

 

Solidarité ? Alors qu'un grand patron se paye une retraite dorée de globalement 6 000 ans de salaire d'un smicard ? !

 

Solidarité ? Alors qu'à peine au pouvoir les ministres ont multiplié par 7

 

leurs "indemnités" ? !

 

Solidarité ? Alors que nos patrons délocalisent a tout va, creant du chomage

 

et ne payent plus d'impots en France ?!

 

Solidarité ? Alors que l'impot sur les societes a baissé de 30 % ? !

 

Solidarité ? Alors que le deficit de la sécu est notamment du à de grandes

 

entreprises qui ne payent pas leurs cotisations sociales en toute inpunité

 

...

 

Monsieur Chirac ! Monsieur Raffarin ! Ne venez pas me parler de solidarité !

 

Je ne suis pas dupe de vos mensonges, de vos veuleries, de vos tromperies

 

Je ne travaillerai ni ce lundi de pentecote ni tous ceux a suivre !

 

et ce jusqu'a l'age de la retraite (a 65 ans si je veux partir avec quelque

 

chose de décent compte tenu votre reforme inique)

 

J'appelle tous mes concitoyens a en faire autant

 

le 16 mai : Sabotons l'offensive des politiques au service du MEDEF !!

 

personne dans les écoles, ni profs, ni élèves !

 

personne dans les bureaux !

 

personne dans les usines !

 

personne dans les magasins, ni clients (surtout pas !), ni caissières !

 

préparez un pique nique, allez à la plage, faites l'amour, jouez aux boules,

 

invitez votre grand-mère à manger,

 

jouez de la musique, tondez la pelouse....

 

mais n'allez pas travailler !!!

 

seul un mouvement populaire de grande ampleur pourra montrer notre

 

détermination

 

Ensemble nous vaincrons !

 

Ensemble nous pourrons exiger d'autres solidarités, plus justes, plus

 

humaines!

Philippe

FARENHEIT, rock, TOULOUSE

transmis par :

association Gueule De Bois rOCkcitanie

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Chers amis,

Je vous transmets une intéressante réflexion de Fabrice Guillaumie à propos du projet de traité constitutionnel. Fabrice Guillaumie , professeur de philosophie, est signataire de l’appel pour le non du 11 janvier . Claude Beaulieu, Président du Comité Valmy.  

 

Déclaration des droits de l’Europe et de ses marchandises

 

Faire une constitution pour 25 peuples est probablement un travail très ambitieux, surtout en période d'opulence financière et de paupérisation des services de l'Etat. Il va de soi qu'on ne constitue qu'en situation de crise, afin de dégager un espace commun de solidarités entre les différentes parties antagoniques de la société. Etymologiquement "constituer" indique assez cette idée de mélange qui institue un ordre en créant des hiérarchies objectives, c'est à dire reconnues par tous comme étant nécessaires. Cette reconnaissance juridique mutuelle est d'autant plus attendue qu'elle correspond à la nécessité de sortir d'un conflit, d'un désordre.... Il serait intéressant de relever dans l' histoire ces moments où on a institué, et on s'apercevrait qu'on ne décrète jamais arbitrairement de constituer pour la raison que ce renouvellement d'identité, cette transcendance collective, ne peut que se justifier par le changement en fait et en profondeur de la situation des relations humaines.

 

C'est là probablement la première faute de cette soi-disant constitution Européenne qui est avant tout une synthèse administrative de tous les traités antérieurs, avant d'être un projet d'existence collective de toutes les parties s'associant les unes aux autres. Or sans identité d'un peuple Européen rallié à une idée commune, ou un ensemble de valeurs, comment espérer fusionner les antagonismes de la société ?

 

De là vient la deuxième faute de ce texte qui l'éloigne de tout esprit constitutif : son jargon administratif, ses errances sémantiques, ses dispositions antagoniques et surtout sa synthèse improbable entre les différentes cultures du foyer Européen (racines judéo-chrétiennes ou humanisme athée, un pays musulman peut-il être Européen, la Méditerranée est-elle Européenne, etc... ?). Autant de problèmes philosophiques non posés, dissimulés et enfouis dans un vernaculaire de bureaucrate qui présuppose de la part du lecteur des prédispositions juridiques qui ne sont pas celle d'un citoyen moyen. Comment constituer alors dans la confusion la plus absolue, au point que des professeurs de philosophie ne puissent eux-mêmes s'entendre sur la signification des termes employés, ni par exemple, sur le fait de savoir si " LA LIBERTE DE MANIFESTER SA RELIGION OU SA CONVICTION INDIVIDUELLEMENT OU COLLECTIVEMENT, EN- PUBLIC- OU-EN - PRIVE par le culte, l'enseignement, les pratiques et l'accomplisseme

nt des rites" menace ou non la neutralité de l'espace public en matière de pratiques religieuses. En lisant cet article II-70 qui peut dire ce qu'il en sera des conditions de manifestations religieuses au sein d'un service public par exemple ? Par ailleurs l’article I-52 précise que « reconnaissant leur identité et leur contribution spécifique, l’Union maintien un dialogue ouvert, transparent et régulier avec ces Églises ». Un dialogue ouvert, bien entendu au niveau de la préservation des cultes, mais pourquoi ne pas rappeler en même temps qu'en vertu de la clause de séparation les Eglises ne sont pas des interlocuteurs pour les politiques des Etats. Ce qui clarifierait de fait cet absurde Article II-69 : « Le droit de se marier et le droit de fonder une famille sont garantis selon les lois nationales qui en régissent l’exercice. » article d'autant plus familialiste et traditionaliste que l'évolution de la société vers la famille de type monoparentale présupposerait que le divorce soit

lui aussi reconnu comme un droit inaliénable sur tout le territoire de l'Europe, ainsi que cette autre grande conquête qu'est l'avortement sur laquelle le Traité, dans son grand souci d'équilibre des valeurs communes, reste étonnement muet...

 

Une constitution ne peut-être autant sujette à interprétation, et, que ce soit dans son esprit ou dans sa lettre, la conception de la personne humaine et de sa dignité doivent-être sans équivoque. Or ces conditions de clarté ne sont manifestement jamais réunies, fort probablement à dessein. Qu'on en juge à nouveau par cet autre article ; ARTICLE II. 108 : "Tout accusé est présumé innocent jusqu¹à ce que sa culpabilité ait été légalement établie". Mais... Quand on lit attentivement les explications relatives à la charte de ces droits fondamentaux (Pages 310 à 420) on a : "Toute personne peut être privée de son droit à la liberté s¹il a été arrêté et détenu en vue d¹être conduit devant l¹autorité judiciaire compétente, lorsqu¹il y a des raisons plausibles de soupçonner qu¹il a commis une infraction ou qu¹il y a des motifs raisonnables de croire à la nécessité de l¹empêcher de commettre une infraction ou de s¹enfuir après accomplissement de celle-ci".

Comment mettre en relation les termes " droit à la présomption d¹innocence " avec les termes " soupçonner " ou " motifs raisonnables de croire à " ? Comment être protégé de l'enfermement d'autorité ou par simple délation dans ces conditions ?

 

 

 

 

Mais la troisième faute de ce Traité réside dans sa prétention disproportionnée à vouloir rassembler des hommes sous le principe qui les divise le plus ; la concurrence marchande et son corollaire politique le dumping juridique des droits sociaux . Plus qu'une constitution, l'ensemble du Traité, en fait les 3/4, n'est jamais qu'un cours d'économie précisant les conditions de la hausse tendancielle du taux de profit par la libre circulation des marchandises, des capitaux, et la renonciation accordée aux Etats membres d'enrichir les conditions sociales de production. Le caractère explicite de l'orientation politique fait ici nettement moins mystère qu'en ce qui concerne les valeurs de la dignité humaine; article I-3-2 : « L’union offre à ses citoyens [...] un marché intérieur où la concurrence est libre et non faussée. » Article III-166 : « Les entreprises chargées de la gestion de services d’intérêt économique général [...] sont soumises aux dispositions de la constitution, notamment aux

règles de la concurrence [...]. ». On apprend ainsi que la traditionnelle notion de « service public » se désigne désormais du sigle SIEG, ce qui serait sans importances si ce n’est que ceux-ci seront gérés par des entreprises ce qui modifie considérablement la notion de santé publique, d’école publique, de protection publique, etc… Par ailleurs comment les plus démunis pourrait-il se reconnaître dans un texte qui à aucun moment ne parle du fondamental droit au travail par lequel toute société trouve sa raison d’être, pour se contenter d'un simple "droit de travailler » garantie par « la liberté de chercher un emploi » (Article II-75), sans même que les conditions de cette liberté ne soit énoncées sinon par l'inquiétante obsession continuellement ressassée de « promouvoir une main-d’oeuvre [...] susceptible de s’adapter ainsi que des marchés du travail aptes à réagir rapidement à l’évolution de l’économie » (Article III-203).

 Du fait de la masse des articles de ce texte, masse en fait pénalisante pour la clarté une constitution, on pourrait ergoter que dans d’autres articles les services publics se trouvent énoncés donc protégés. Mais quelle importance si la notion même de service public n’est pas plus clarifiée dans le texte que celle de laïcité, voire des conditions effectives de la dignité de la personne ?

 Finalement, faute supplémentaire, la prétention constitutive de ce texte pour l’Europe est niée par le fait que n’est pas tranché le problème fondamental de l’harmonie juridique du droit Européen, puisque chaque Nation se voit subsidiairement reconnu le droit de disposer de ses propres conditions juridiques, pour autant que le principe de « concurrence libre et non faussée » qui est le pivot conceptuel de l’ensemble des articles soit respecté. La valeur politique de cette constitution relève donc de la renonciation plutôt que de la promulgation des droits par le seul fait que le principe économique dans les échanges (de marchandises ou de travailleurs) prédomine sur le principe politique des valeurs collectives, ce qui rapproche ce traité plus d’un contrat de garanties économiques entre partenaires, que d’une institution de valeurs entre individus. Or si constituer revient à mélanger des intérêts contradictoires dans une chimie qui n’exclut aucune partie, on voit mal comment ce texte peu

t espérer y prétendre si ce n’est en se contentant d’affirmer verbalement ce qu’elle s’interdit de concrétiser ne serait-ce que par sa forme ; Art 1 : « L'Union européenne ne réunit pas seulement des Etats, elle est aussi une union des peuples.".

 

En quoi la concurrence des droits sociaux entre Etats peut-elle espérer faire un peuple ?

 

Que reste-t-il de ce Traité lorsqu’on en enlève ses prédispositions économiques et l’ensemble des confusions sur les valeurs et les conditions de la dignité humaine ?

 

Réponse : un latin pour courtisans sans maîtres.

Fabrice Guillaumie

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Constitution : instaurer un vrai débat

Par Marie-José Mondzain, philosophe

Dans le débat, ou plutôt dans ce qui n’arrive plus à être un vrai débat, au sujet du traité constitutionnel, nous assistons à la transformation mensongère du terrain même où les opinions et les jugements devraient tout mettre en oeuvre pour éclairer notre décision. Ainsi, au moment où un texte exigerait l’explication pour la compréhension claire de ses termes, assistons-nous à des joutes verbales qui rappellent ces temps, connus des philosophes, où les sophistes - pour leur plus grand profit - enseignaient l’art de tromper comme art suprême qui permet de prendre le pouvoir. Aveugler et rendre sourd est devenu un geste politique (en vérité l’élimination de toute réflexion politique) afin d’obtenir la soumission de tous à des dispositions - économiques qui menacent l’avenir social de l’Europe. Et obscurcir l’expression, contredire en fin d’article ce qu’on affirme dix lignes plus haut, mêler le lexique de la démocratie à des dispositions strictement comptables et financières, faire peur en p

rédisant le chaos, séduire en annonçant le paradis, - demander la confiance en adoptant le ton de l’expert, humilier et mépriser en considérant que toute demande d’explication et de débat est un signe de débilité mentale ou d’infantilisme : tous les moyens de l’intimidation et du marketing sont bons désormais. Puisque les partisans du « non » se multiplient, il faut produire un nuage d’encre et tirer les salves répétées de petits et de grands mensonges pour semer le trouble, - donner le vertige et provoquer au moins une abstention qui remettrait le « oui » en selle.

 

La question : pour quelle Europe - votons-nous ? est donc devenue : pour qui votons nous ? En quelle compagnie - choisissons-nous de voter ? Ou encore voulez-vous ou non l’Europe ? Quand ce n’est pas : voudriez-vous être exclus de l’Europe ? Pour ne pas parler du « que pensez-vous des Turcs ? » Autant de fausses questions posées pour occulter la bonne : est-ce que ceux qui veulent l’Europe se reconnaissent dans les - Européens produits par ce traité ?

 

Pour reprendre l’analyse d’Hannah Arendt lorsqu’elle s’interroge sur la vérité dans la vie politique, il faut rappeler que les faits sont têtus et que c’est seulement sur la base des faits, résistant à tous les mensonges, qu’il faut, non pas faire valoir une vérité, mais instaurer un vrai débat. Un vrai débat, c’est-à-dire non pas un débat sur la vérité, mais - à partir des faits qui constituent la base réelle du débat - une circulation critique de la parole afin de trouver ensemble une solution valide pour la communauté. Et, ici, les faits sont les textes du traité, auxquels il faut se rapporter et qu’il faut analyser. Pourtant, c’est sur la réalité contenue dans ces textes que les mensonges opèrent. Exemple : pendant des mois, les partisans libéraux du « oui » ont demandé qu’on leur fasse confiance, dissimulant par exemple les liens de la directive Bolkestein avec les dispositions qui réglementeront la nouvelle Europe. Cependant, comme nous le disions, les faits sont têtus et il a bien f

allu reconnaître la menace que contenait la directive. Qu’à cela ne tienne, on a alors dénoncé la directive en affirmant dans le même mouvement qu’elle n’avait pas le moindre rapport avec la constitution ! Mais, les mensonges ont aussi pris le masque de la complexité. Argument : le texte est compliqué et à toute question embarrassante l’oeil du « oui » se fronce et vous dit que les choses sont beaucoup plus complexes qu’il ne semble. Puis, le « oui » a fait la guerre aux imbéciles. On fait même appel aux artistes, entendez aux permanents du spectacle pour soutenir. Enfin, il nous a été argué qu’il était plus dégoûtant de - voter « non », parce que Le Pen vote « non », que de voter « oui » comme Chirac, qui vote comme Hollande - à moins que ce soit le contraire, mais ils ne le savent plus eux-mêmes car Pascal Lamy a été la cheville ouvrière socialiste de cette Europe-là.... Une telle dégradation du débat - ramène à un triste souvenir : quand, en 2002 on vota à droite pour éviter le triomphe

de l’extrême droite. Face à tant de mensonges, il faut redire haut et fort que choisir l’Europe que l’on veut construire, ce n’est pas choisir des amis et encore moins des complices contre des ennemis. C’est réfléchir à l’ensemble d’une communauté en compagnie de laquelle nous puissions vivre dans la paix et la justice sociale C’est choisir un monde. Si nous votons « non », ce n’est pas en tant qu’adversaires de tous ceux qui votent « oui », mais parce que nous pensons que parmi eux une immense majorité vote contre son propre intérêt dans l’avenir. C’est donc aussi avec eux que nous voulons vivre le mieux possible. C’est eux que nous voulons convaincre de l’illusion dans laquelle ils tombent, lorsqu’ils accordent au traité des vertus que notre lecture ne lui reconnaît pas. Il faut que les travailleurs, les médecins, les agriculteurs, les chercheurs, les créateurs, les enseignants prennent conscience des dangers qu’ils courent dans le libre exercice de leur profession si ce texte est accep

té dans les termes où il est proposé.

 

On voudrait nous faire accroire qu’il faut voter pour les dispositions du libéralisme à tous crins pour éviter l’ultralibéralisme à tous crins ; voter pour le traité qui met en place les mécanismes du marché et de la concurrence sans entraves pour faire obstacle aux mécanismes du marché sans entraves. Le citoyen veut l’Europe forte, juste et sociale et on lui dit que le seul moyen d’y parvenir est de voter pour une Europe formatée aux normes de l’OMC, qui serait, par un autre tour de magie, le seul moyen de résister à Bush et aux néoconservateurs. Nous sommes en pleines - ténèbres. Ce tissu de sophismes paradoxaux n’aura qu’une conséquence. Parce que le citoyen devient perplexe, il décidera de s’abstenir.

 

Face aux assauts systématiques, renforcés chaque jour, d’une information qui dit une chose et son contraire, où l’on voit les adversaires les plus virulents de Chirac baigner dans les festivités d’un accord consensuel, je citerai pour conclure une phrase d’Hannah Arendt analysant les effets de la propagande mensongère : « Les résultats de telles expériences effectuées par des hommes disposant des moyens de la violence sont assez effrayants, mais ils ne disposent pas du pouvoir d’abuser indéfiniment. Poussé au-delà d’une certaine limite, le mensonge produit des effets contraires au résultat recherché », et elle dit encore, ailleurs : « La liberté d’opinion est une farce si l’information sur les faits n’est pas garantie et si ce ne sont les faits eux-mêmes qui font l’objet du débat. »

 

Ceux qui vont voter « non » vont le faire, non seulement en pleine connaissance des enjeux du traité, mais aussi à un double titre politique. D’une part, ils veulent sauver les chances d’une Europe politique qui ne soit pas l’objet d’un traité où nos échanges ne soient conçus qu'en termes de marché. D'autre part, ils veulent qu'un vote soit l'occasion d'un débat éclairé et respectueux des opinions de chacun. Aussi, refusons-nous d'être les otages du mensonge et de la menace. La manipulation du mensonge et de la peur est l'alliée de tous les terrorismens et la base de toutes les dictatures.

 

S'il s'agit, comme on nous le dit, de démocratie, alors que l'on nous en convainc en changeant de méthode.

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LE MONDE - EDITION DU 18/2/03

Candide ou la meilleure des démocraties

par Eric Fassin

 

Après le tremblement de terre du 21 avril, les sages qui gouvernaient

le pays n'avaient pas trouvé un moyen plus efficace pour prévenir une

ruine totale que de donner au peuple un bel autodafé : il fut décidé

par le Parlement que le spectacle de personnes brûlées à petit feu,

en grande cérémonie, est un secret infaillible pour empêcher la terre

de trembler.

 

En conséquence, on arrêta quelques mendiants dont le chien aboyait.

Des nomades furent mis aux fers, pour avoir planté leur tente dans un

jardin en friche. De jeunes hommes dont les ancêtres n'avaient point

élevé de cochons sur ces terres se réveillèrent au cachot : c'est

qu'on les avait surpris, sur le pas de leur porte, à parler fort.

 

Le clan des Adroits, alors au pouvoir, raisonnait le plus

raisonnablement du monde : "Ces coquins n'ont-ils pas abusé, qui du

droit de parole, par des jappements, qui du droit de se mouvoir

librement, en ne se mouvant point, et qui du droit de réunion, à

force de se réunir ?"

 

"Tout est pour le mieux dans la meilleure des démocraties, disait

Pangloss. Le bon peuple n'a-t-il pas naturellement, à défaut d'éviter

la misère ou la guerre, le désir d'être en sécurité ?"

 

"Mon bon maître, lui répondait Candide, cela est certain, mais le

mendiant, le nomade ou ce garçon à la peau mate n'ont-ils pas en

retour quelque raison de craindre pour leur sécurité ? Et

n'aimeraient-ils point, tout autant que ceux qui les pourchassent,

appartenir à ce peuple si éclairé pour jouir de la même quiétude ?"

 

"L'insécurité de quelques-uns fait la sécurité du plus grand nombre,

expliquait patiemment le philosophe. Les malheurs particuliers font

le bien général ; de sorte que plus il y a de malheurs particuliers,

et plus tout est bien."

 

"Voilà qui est vrai, reconnaissait le disciple. Ainsi, plus on

embastillera de gens, plus le peuple sera libre."

 

Non loin d'eux, un groupe discutait à voix basse, l'air défait.

C'était le clan des Sinistres, qui, dans la coutume de ce pays,

s'opposait d'ordinaire aux Adroits. "Mes amis, que dites-vous ?"

demanda Pangloss. Nous ne parvenons pas à vous entendre."

 

L'un des Sinistres marmonna quelques mots incompréhensibles.

Intrigué, Candide s'approcha : "Avez-vous souffert des rigueurs de

l'hiver, que votre voix ne résonne plus ?"

 

Non sans embarras, l'homme endeuillé répondit alors : "Nous sommes la

voix du peuple, mais le peuple dans sa majorité soutient les Adroits

en tous points. Comment dès lors nous opposer à eux, comme le veut la

coutume, sans nous opposer au peuple ?"

 

Pangloss s'émerveillait : "Admirable démocratie, qui manifeste sa

liberté de parole en parlant ainsi d'une seule voix, sans nulle

discordance !

 

- Mais comment connaître, s'interrogeait Candide, la volonté du peuple ?

 

- C'est l'oracle, lui fut-il répondu, qui l'interprète pour nous en

fouillant des entrailles : notre foi est guidée par les doctes avis

du Grand Sondeur."

 

Tandis qu'on allumait le feu sur le bûcher, on entendit la plainte

d'une jeune femme dont la robe déchirée voilait mal les charmes

généreux : "Hélas ! quel mal une créature comme moi inflige-t-elle au

peuple viril alors même qu'elle l'accueille, du moins sa majorité, le

plus aimablement du monde ?"

 

Comme la belle égoïste, peu philosophe, hésitait à périr pour le bien

commun, le bourreau, un petit homme alerte et affable, lui expliqua

en disposant les fagots qu'on ne la sacrifiait que pour son bien :

c'était afin de mieux la protéger des bandits cruels qui lui

dérobaient ses gains.

 

L'ingrate gémissait pourtant, affirmant contre toute évidence n'être

pas plus en sécurité au milieu des flammes. Le bruit de leur échange

ne paraissait pas troubler deux sectes qui disputaient tout près avec

passion, sans parvenir à trancher un point délicat de théologie - à

savoir si leur soe¦ur, dont la chair commençait de crépiter, était

authentiquement libre ou bien véritablement esclave. Les seconds

refusaient de prêter attention à ses cris, tandis que les premiers

proposaient de s'en remettre à son opinion, une fois qu'elle aurait

brûlé.

 

Quant aux Sinistres, ils restaient interdits. Certains, dont la

douleur égarait la raison, songeaient même à punir le peuple pour sa o

coupable concupiscence. "Cette fois, je comprends, dit le naïf

Candide : le Grand Sondeur aura parlé, et ces jeunes personnes de

bonne volonté ne sont sacrifiées que pour complaire au dieu Majorité.

 

- Non point, avoua l'un d'eux, la mine piteuse : aux dires de

l'oracle, le peuple serait pris de pitié pour ces charmantes, sans

doute par gratitude."

 

"Les Sinistres ont donc quelque raison bien subtile pour ne plus

écouter le Grand Sondeur, s'étonna Candide, et risquer de déplaire au

peuple souverain ?"

 

"C'est au peuple riverain qu'ils obéissent aujourd'hui", intervint un

étranger de passage. "A force de parler bas, ils entendent mal."

 

"Cette démocratie souffre donc de compter dans ses rangs les

Sinistres les plus sourds du monde", s'inquiéta Candide.

 

"Il est vrai, répliqua l'étranger, mais aussi les Adroits les plus

habiles du monde : ces pompiers pyromanes n'ambitionnent pas tant

d'assurer au peuple la quiétude que d'attiser son inquiétude pour

mieux proposer ensuite d'en éteindre les flammes."

 

Un beau drapeau claquait au vent : l'harmonie de ses couleurs vives

convenait admirablement au spectacle et lui donnait une joyeuse

allure de fête. Quelques jeunes gens échauffés par l'ivresse se

mirent à rire, puis, lorsqu'une musique militaire se fit entendre,

certains se prirent à siffler. Aussitôt, une troupe de héros les pria

courtoisement de choisir ce qu'ils aimaient le mieux, de finir leurs

jours dans un appartement de trois pieds sur quatre, à l'abri du

soleil, ou d'aller verser leur sang impur dans les sables sans ombre

d'un désert lointain.

 

Ils eurent beau dire que les volontés sont libres, et qu'ils ne

voulaient ni l'un ni l'autre, il leur fallut faire un choix.

 

"Hélas ! soupirait Candide devant tant de malheurs, si c'est ici la

meilleure des démocraties possibles, que sont donc les autres ?"

Aussitôt, deux grands gaillards habillés de bleu se saisirent du

disciple, ainsi que du maître - l'un pour avoir parlé, l'autre pour

avoir écouté. La loi du pays interdisait en effet depuis peu qu'on

manquât de respect à l'autorité, c'est-à-dire à la liberté. Des sages

en avaient fort justement montré la raison nécessaire : l'autorité de

la démocratie supposait logiquement que la démocratie fût autoritaire.

 

"La liberté est à ce prix", opinaient nos philosophes en méditant la

cause de cet effet, tandis qu'un régiment les fessait en cadence, en

chantant à l'unisson les vertus du peuple.

 

C'est ainsi que, dans la meilleure des démocraties, l'on sauvait la démocratie.

 

Peu après, la terre trembla pourtant de nouveau avec un fracas épouvantable.

 

 

Eric Fassin est sociologue (Ecole normale supérieure).

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Pétition pour la libre diffusion du savoir

----- Original Message -----

From:

To:

Sent: Sunday, January 26, 2003 9:34 AM

Subject: [multitudes-infos] Pour la libre diffusion du savoir

 

> Bonjour, je vous ai parlé des Classiques en Sciences sociales,une des plus

grande bibliothèque numérique qui rassemble des centaines d'oeuvres en

accès libre et gratuit.

> Voici une pétition que la bibliothèque a lancé contre la réduction des

oeuvres dans le domaine public.

> Merci de votre soutien et merci de diffuser la pétition largement.

>

> Nadia Burgrave

>

----------------------------------------------------------

 

50 ANS APRèS LA MORT DE LEUR AUTEUR(E)

 

REFUSONS L'EXTENSION DES LOIS AMÉRICAINES SUR LES DROITS D'AUTEURS, LOIS

QUI MENACENT LA LIBRE DIFFUSION DU SAVOIR !

 

Les Américains sont en train d'ériger un nouvel ordre mondial. Aux

États-Unis d'Amérique, Walt Disney Enterprises vient de faire

interpréter la loi américaine sur le droit d'auteur en sa faveur:

http://www.infotoday.com/newsbreaks/nb030120-1.htm.

 

La protection des droits pourrait ainsi passer de 50 ans après la

mort d'un(e) auteur(e) à 70 et souvent à 120 ans, tout cela sans se

soucier des conséquences sur la diffusion de l'héritage intellectuel

légué par les génération qui nous ont précédés. Nos gouvernements,

plus ou moins dépendants de l'Empire américain, vont peut-être céder

en harmonisant nos lois respectives sur le droit d'auteur sur la

nouvelle loi américaine, réduisant considérablement les textes du

domaine public. Cela pourrait tuer une initiative comme la nôtre de

diffusion libre de la connaissance et de son partage avec tous. Les

Américains vont certainement chercher à imposer leur hégémonie au

reste du monde. Dénonçons cette orientation. Écrivez à nos députés, à

! nos dirigeants universitaires, aux responsables des maisons

d'éducation pour qu'eux aussi dénoncent cette orientation probable.

Évitons de nous retrouver tous dans ce sentier qui nous empêchera de

diffuser l'héritage intellectuel que les générations précédentes nous

ont légué. Imaginez ce qui resterait des oeuvres du XXe siècle sur le

net. Imaginez ce qu'il adviendrait d'une bibliothèque comme la nôtre,

ouverte à tous les courants de pensée, à des oeuvres de différentes

disciplines des sciences humaines, accessible librement et

gratuitement à tous parce que réalisée entièrement par des bénévoles.

Il ne faut pas que cela se produire. Dénonçons tout de suite cette

orientation pour éviter qu'elle ne devienne loi chez-nous aussi !

Déclarez-vous signataires en nous écrivant.

 

 

Écrivez à : mailto:jmt_sociologue@videotron.ca et dites nous si vous

souhaitez que votre nom apparaisse dans cette liste. Merci.

Jean-Marie Tremblay, bénévole.

 

----------------------------------------------------------

 

A lire aussi - Les Virtualistes

Lettre ouverte aux auteurs

http://virtualistes.org/DAvoleur.html

 

Vers une éthique planétaire, le défi du 3è millénaire

Entretien de Philippe Quéau, Unesco

http://www.cyberhumanisme.org/ethique_planetaire.html

 

Vers un domaine public mondial

http://severino.free.fr/archives/copieslocales/versundomainepublicmondial.html

 

Qu'est-ce que le domaine public ?

http://artlibre.org/faq.php/def.domaine.public.html

 

Le domaine public

http://fr.encyclopedia.yahoo.com/articles/sy/sy_839_p0.html

 

Domaine et espaces publics

Le droit pour un créateur de verser ses créations au domaine public

ne peut être restreint par des considérations commerciales.

http://www.liberation.com/omc/dico/germ_domaine.php3

 

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